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chocolat, le
Lorsqu'en 1519, le conquistador espagnol Cortès (1485-1547) accepta des mains de l'empereur aztèque Moctezuma (1466-1520) sa première tasse de xocolatl, il était loin de songer au succès que cette boisson allait connaître en Europe. Aujourd'hui encore, cet engouement ne s'est toujours pas démenti et le chocolat sous toutes ses formes constitue même l'un des aliments des rations de survie dans les abris anti-atomiques suisses. A la veille de , tandis que les cloches s'apprêtent à déverser dans nos jardins et lapins, je vous propose de suivre l'itinéraire gourmand de chocolat.

Histoire et sens du mot «chocolat» Étymologie du mot «chocolat»
Dérivés avec le mot «chocolat» Expressions avec le mot «chocolat»
 
Histoire et sens du mot «chocolat» nach oben
Brillat-Savarin (1755-1826), dans sa Physiologie du goût, définit en 1825 le chocolat comme un aliment essentiellement composé de cacao et de sucre.

Introduit en Europe par les Espagnols en 1585, le chocolat est d'abord une boisson faite de poudre de cacao délayé dans de l'eau chaude. Chez les Aztèques, les fèves du cacaoyer (ou cacaotier), broyées et mélangées à de l'eau chaude fortement poivrée constituaient la boisson des dieux.

Toute l'Europe se laisse peu à peu séduire par cette boisson que l'on prépare avec de l'eau, plus tard avec du lait. Elle se consomme en digestif, puis comme boisson de petit-déjeuner ou de goûter. Et outre la gourmandise, les vertus aphrodisiaques et médicinales qu'on lui prête contribuent certainement à son succès.

Le TLF confirme que le mot chocolat est employé par métonymie pour désigner la boisson chaude ou froide préparée à partir du cacao. L'épouse de Louis XIV, la reine Marie-Thérèse, ne se déplaçait jamais sans sa chocolatière et les accessoires nécessaires à la préparation de ce breuvage. Un prince gourmand préféra épouser sa chocolatière, dont vous pouvez admirer au musée de Dresde le portrait peint par Jean Etienne Liotard (1702-1789). Mais la tasse de chocolat chaud reste longtemps un produit de luxe réservé à une clientèle aisée, voire snob.

A partir du XIXe siècle, avec la mise au point de nouvelles techniques permettant d'extraire le beurre de cacao et rendant ainsi possible le moulage, le mot chocolat désigne également une substance alimentaire solide, fabriquée à partir de fèves de cacao torréfiées et broyées, à laquelle on ajoute du sucre et généralement de la vanille ou d'autres aromates en quantité variable. Le chocolat, liquide ou solide, se démocratise. C'est à cette époque que naissent les premiers grands empires des chocolatiers et les chocolateries. Leur ingéniosité permettra de mettre au point le chocolat en poudre, dont on extrait le «gras», le chocolat à croquer ou chocolat au lait. Un peu plus tard apparaît un chocolat noir particulier: l'extra-bitter. Le chocolat blanc, lui, se compose de beurre de cacao, de sucre et de lait. Dès lors, la palette des produits issus du chocolat dans sa forme solide ne cesse de s'élargir. Outre les traditionnels chocolats noir, au lait ou blanc apparaissent également les chocolats aux fruits secs (amandes, noix, noisettes, raisins secs), aux céréales, fourrés à la crème, à l'alcool, aux pâtes de fruits, à la ganache, au praliné, au gianduja ou encore au nougat. La présentation et le conditionnement varient également à l'infini: tablettes, sujets moulés de Pâques ou de Noël, truffes, bouchées, palets, crottes, rochers, pralinés, bonbons et caramels, barres chocolatées de confiserie...

N'hésitez pas à vous laisser tenter par un mélange de chocolats, une mousse au chocolat ou encore une boîte de chocolats. En revanche, le TLF vous met en garde contre l'expression argotique boîte à chocolat qui désigne le cercueil couvert d'une toile brune...

Même la couleur du chocolat inspire, puisque couleur chocolat, et par ellipse, l'adjectif invariable chocolat désignent une couleur brun-rouge foncé.

Ainsi Nerval (1808-1855), dans son Voyage en Orient en 1851, cité par le TLF, parle du: «... teint de ces jeunes personnes, vêtues à l'orientale,[qui] variait du bistre à l'olivâtre, et arrivait, chez la dernière, au chocolat le plus foncé». Bien que cet adjectif ne soit pas employé seulement dans le contexte de la couleur de peau, il est à noter que dans les années 1870, un chocolat désigne familièrement un homme à la peau noire.

On trouve l'expression faire le chocolat en 1886 dans un article du Temps: le chocolat était alors le complice qui jouait le rôle de l'amateur naïf dans un jeu de cartes dont le but principal était de soutirer de l'argent au public.

Dix ans plus tard, au Nouveau Cirque, le duo de clowns Footitt et Chocolat reprend ou crée en la popularisant l'expression être ou rester chocolat. Chocolat, peint par Toulouse-Lautrec (1864-1901) et qui devait son nom à la couleur de sa peau, avait toujours le rôle ridicule, ce que Footitt commentait en disant: «Lui, il est chocolat».

De nos jours, être ou rester chocolat est une expression familière et vieillie qui signifie être frustré/e, être privé/e d'une chose sur laquelle on comptait.

17 millions de Français consomment chaque jour du chocolat. Pour les fêtes de fin d'année en 2000, pas moins de 32 000 tonnes de chocolat ont été consommées en France (source: Chambre syndicale nationale des chocolatiers). Et vous, êtes-vous prêt à battre le record pour décrocher une médaille en chocolat?
 
Étymologie du mot «chocolat» nach oben
Le mot cacao vient du nahuatl (la langue des Aztèques) cacauatl. Xocolatl, signifie en nahuatl «bruit de l'eau» ou plus certainement «eau amère» et a donné en espagnol chocolate en 1598. Le tl- cette consonne particulière (un peu comme atlas), étant impossible à prononcer pour les Espagnols, surtout en fin de mot, elle a été simplifiée. Le Robert atteste le mot chocolat dans la langue française en 1634, cacao apparaissant dès 1532.
 
Dérivés avec le mot «chocolat» nach oben
chocolatier, ière est à la fois un nom et un adjectif:
  1. Comme substantif masculin et féminin, le mot désigne la personne qui fabrique et/ou vend du chocolat.
  2. Comme nom fém., il s'agit du récipient dans lequel on verse le chocolat liquide avant de le servir. On en trouve en argent en métal argenté, en faïence, en porcelaine, etc.
  3. Comme adjectif, il décrit une activité liée à la production ou à la fabrication du chocolat: un maître chocolatier, l'industrie chocolatière.

la chocolaterie: nom féminin. Il s'agit de la fabrique de chocolat.

chocolaté, e: adjectif. Se dit d'un aliment parfumé au chocolat.

chocolat: adjectif invariable. Couleur brun-rouge foncé

 
Expressions avec le mot «chocolat» nach oben

une boîte de chocolatseine Schachtel Pralinen
une tablette de chocolateine Tafel Schokolade
un carré de chocolatein Stück Schokolade
le chocolat noirdunkle Schokolade, Bitterschokolade
le chocolat blancweiße Schokolade
le chocolat au laitVollmilchschokolade
le pain au chocolatdas Schokocroissant
la tasse de chocolat chaud (= le chocolat chaud)eine Tasse heiße Schokolade
le chocolat liégeois (= de la ville de Liège) Schokoladeneis mit Schlagsahne
recevoir une médaille en chocolat (= recevoir une récompense de fantaisie, sans valeur) in etwaeine "Gummibärchen-Orden" bekommen
être/rester chocolatden kürzeren ziehen, der Gelackmeierte sein, in die Röhre ziehen
C'est du chocolat (vieilli).Es ist kinderleicht.
 
 
 
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